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Du 11 au 13 février a eu lieu à Port-au-Prince, capitale d’Haiti, le défilé du carnaval national qui a rassemblé des dizaines de milliers de carnavaliers et de nombreux groupes musicaux sous le thème «Ayiti sou wout chanjman», ( Haïti en route vers le changement, ndlr). Les festivités carnavalesques pour l’ensemble du territoire nationale ont eu un budget de 186 millions de gourdes (50 Gdes pour 0.99 $ CAD, ndlr).

Pour le parcours de Port-au-Prince, 22 groupes ont été finalement sélectionnés pour 20 chars musicaux après moults de discussions dans la rue et dans les médias autour de la participation de certains groupes et de l’exclusion d’autres qui auraient dû être présents selon plus d’un. N’était-ce l’intervention d’un grand commerçant de la capitale haïtienne suivie de celle du Premier ministre lui-même, la bande à Roudy Roodboy, un jeune artiste qui s’émerge, ne prendrait part au défilé des trois jours gras.

Une journée après la clôture officielle du carnaval, aucun bilan n’est encore communiqué pour l’ensemble des trois jours ni par la police nationale ni par le comité officiel. Cependant, seulement pour le premier jour gras, il y a eu 159 cas de blessures et une dizaine cas d’arrestations parmi lesquels deux individus qui se faisaient passer pour des policiers en service selon les informations communiquées par la Police Nationale d’Haïti (PNH).

Pendant que tout le monde déambulait sur le parcours du carnaval, un grand feu s’est éclaté dans la nuit du 12 au 13 février au marché en fer de Port-au-Prince et a emporté les marchandises des marchands et des étalagistes. Ce sinistre n’a pas été si catastrophique pour entraîner l’annulation du troisième jour du carnaval en dépit de la demande de nombreux citoyens sur les réseaux sociaux en signe de solidarité envers les victimes. Face à ce dédain, des marchandes ont défilé des les rues et près du stand de la présidence pour manifester leur mécontentement quelques heures avant l’ouverture du dernier jour gras.

Dans le langage national, «aprè dans tanbou lou» (Après l’épopée c’est le drame, ndlr). Le carnaval fait maintenant place à ce drame qui rend encore plus dans la misère certains commerçants et détaillants qui, pour survivre dans leur petit démêlé, ont dû prêter de l’argent des banques commerciales à des taux parfois élevés.

Pour une troisième fois en 10 ans, ce marché élevé au rang des patrimoines historiques est dévasté. Selon les chiffres communiqués, les dégâts pour l’infrastructure du marché s’estiment entre 5 à 7 millions de dollars américains sans compter les marchandises emportés par le feu. En guise de rappel, le marché en fer a été reconstruit en 2011 par la Digicel pour la somme de 18 millions de dollars américains.

Israël JEUNE,
Depuis Port-au-Prince, Haïti
jeuneisral@gmail.com
WhatsApp : (+509)4705 8219

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